| 1. Introduction | { Paschal Grousset. |
| { Fr. Jourde. | |
| 2. Déportation dans une enceintefortifiée (La presqu'île Ducos) | Paschal Grousset. |
| 3. Déportation simple (île des Pins.Nouméa. Grande-Terre) | Fr. Jourde. |
| 4. Le Bagne | Paschal Grousset. |
| 5. Une réponse au Times | Paschal Grousset. |
| 6. Documents | Fr. Jourde. |
A la fin de mai 1871, après l'écrasement de la Révolutionde Paris, quand l'armée de Versailles fut lassée de huit joursde massacre, quarante ou cinquante mille prisonniers restaientencore entre ses mains. Entassés dans les prisons, dansles camps militaires, dans les caves des palais, dans les batteriesdes pontons, cette multitude d'hommes, de femmes etd'enfants était le lourd fardeau de la victoire. Qu'en faire etcomment s'en débarrasser? L'assembler sur le plateau de Satoryet la mitrailler sans merci, comme le proposaient ouvertementdivers journaux «honnêtes et modérés?» La remettreen liberté pure et simple, effacer par une amnistie générale lesdernières traces de la guerre civile, comme osaient le proposerquelques hommes courageux? Entre ces deux systèmes unterme moyen fut choisi par le gouvernement indécis qui présidaitalors aux destinées de la France. On ne mitrailleraitplus en masse, mais on n'amnistierait pas. Un triage seraitopéré par des commissions militaires pour séparer l'ivraie debon grain: l'ivraie serait fusillée, mise au bagne ou déportée.
Une centaine d'officiers instructeurs furent chargés de fournirà dix-huit cours martiales leur pâture quotidienne d'accusés.[Pg 6]Depuis cinq ans ces tribunaux d'exception n'ont pascessé de fonctionner: au mois de mai dernier ils avaient prononcéplus de quatorze mille condamnations à mort, aux travauxforcés, à la déportation, à la prison, et ces jugements, àdes rares exceptions près, ont reçu leur exécution.
Plus de quatre mille hommes ont été déportés en Nouvelle-Calédonie.Nous avons été de ce nombre. Échappés commepar miracle de cet enfer, nous venons porter témoignage dece que nous avons vu, faire appel à la conscience humaine, lasommer de juger entre nous et nos vainqueurs. Nous ne demandonsau lecteur que de nous lire d'un esprit impartial, etde nous faire l'honneur de croire que nous n'avançons pas unseul fait sans être en mesure de le prouver.
Devant les cours martiales, les faits de guerre les plus ordinairesrecevaient des qualifications nouvelles: l'usage d'unearme à feu dans le combat était dénommé «assassinat» et laréquisition régulière au cours de la lutte était qualifiée «vol».L'une ou l'autre de ces accusations, souvent faiblement établie,entraînait la peine de mort ou les travaux forcés, c'est-à-direla transportation avec travail obligatoire. Mais, le ministèrepublic était-il impuissant à opposer un fait quelconquede cette nature à l'accusé, il trouvait dans le code une armecommode: la déportat BU KİTABI OKUMAK İÇİN ÜYE OLUN VEYA GİRİŞ YAPIN!
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