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By William Henry Drummond, M.D.
Louis Frechette
Frederick Simpson Coburn
On me demande, pour ce charmant volume, un mot de préface en français;le voici:
Quand, en 1863, je publiai mon premier recueil de poésies—écrites aucollège, pour la plupart,—le grand poète américain Longfellow eut laflatteuse bienveillance de m'appeler The pathfinder of a new land ofsong.
Avec mille fois plus de raison puis-je aujourd'hui passer le complimentà mon sympathique confrère et ami, l'auteur de ce livre; car, si jamaisquelqu'un, chez nous, a mérité le titre de pathfinder of a new land ofsong, c'est assurément lui.
Non seulement il a découvert le champ, la clairière, la vallée fertileet encore inexplorée; il en a fait l'exploitation à sa manière, avecdes outils et des moyens de son invention; et, fier de sa conquête,il laisse, de son épaule robuste, tomber à nos pieds le fruit de sontravail, la gerbe plantureuse aux ors vierges, à l'arôme sauvage,aux savoureuses promesses, toute fraîche et toute crissante dans sarusticité saine.
N'est-elle pas, en effet, d'une originalité peu commune, l'idée deprendre un pauvre illettré, de le présenter comme un type national àpart, de lui mettre aux lèvres une langue qui n'est pas la sienne etqu'il ne connaît qu' à demi; d'en faire en même temps un personnagebon, doux, aimable, honnête, intelligent et droit, l'esprit en éveil, lecoeur plein d'une poésie native stimulant son patriotisme, jetant unrayon lumineux dans son modeste intérieur, berçant ses heures rêveusesde souvenirs lointains et mélancoliques?
Et cela sans que jamais, dans ce portrait d'un nouveau genre, le plussubtil des critiques puisse surprendre nulle part le coup de crayonde la caricature!
Dans ses inimitables contes villageois, George Sand a peint lespaysans du Berry sous des dehors très intéressants. Elle nous lesmontre même d'un sentiment très affiné dans leur simplicité naïveet leur cordiale bonhomie. En somme, elle en fait des natures, destempéraments, quelque chose de typique, en même temps qu' harmonieuxde teinte et de forme.
Mais George Sand faisait parler ses personnages dans la langue dupays, dans la langue de la chaumière, dans leur propre dialecte,enfin. Elle n'avait, pour ainsi dire, qu' à faire pénétrer lesouffle de son talent sous le réseau de la phrase, pour animercelle-ci d'un reflet de lyrisme ou d'une vibration attendrie.
La tâche abordée par M. Drummond présentait un caractère beaucoupplus difficile.
Ici, le poète avait bien, il est vrai, le milieu à saisir, placé,droit en face de son objectif. Il était assez familier avec sesacteurs pour les grouper avantageusement, en ménageant les effetsd'ombres et de lumière. Il est naturellement assez artiste pour nerien négliger de ce qui ajoute du pittoresque à la pose; surtout, ilconnaissait à fond le type à reproduire, ses moeurs, ses passions,ses sentiments, ses penchants, ses superstitions et ses faiblesses.